La première  des rencontres inspirantes s’est tenue le mardi 10 mars à l’hôtel de ville de paris autour du thème « le leadership au féminin ». Et qui de mieux que la première  femme, maire de Paris pour être l’hôte de cette première, d’autant plus que nous sommes encore dans l’euphorie de la célébration de la journée internationale de la femme.

La rencontre avec Anne Hidalgo racontée par Amadou, étudiant à ENSEA

A 14h30, nous étions au nombre d’une vingtaine à  l’hôtel de ville, dans la bonne humeur habituelle, savourant la victoire de Passeport avenir au concours «  la France s’engage ».

Après avoir pris place dans le salon où nous avons été reçus, et accueilli Mme la maire accompagnée de deux de ses collaboratrices, Anasthasie Tudieshe, journaliste à RFI et modératrice du débat, planta le décor en rappelant le programme de la rencontre. Après ce fut le tour de Coralie (Ambassadrice) de présenter  Passeport Avenir, avant que Mme la mairie ne prenne la parole.

Dans son exposé, Anne Hidalgo, nous a souhaité les bienvenus avant de parler de son parcours qui ne fut pas facile car fille d’immigrés espagnols issus d’un milieu modeste. Elle a notamment, raconté quelques épreuves qu’elle a traversées, en tant que femme avant d’en arriver là où elle est à ce jour : sexisme, machisme entre autres ; qui sont restent très encrés dans le monde politique. Elle a également insisté sur le fait que les femmes ne sont pas obligées de faire un choix entre leurs parcours professionnels et personnels et que les deux étaient tout à fait compatibles . D’après elle, c’est une force que celles-ci devraient assumer pleinement, car ça prouve qu’elles sont organisées et tenaces.

Ensuite, ce fut les questions réponses animées toujours par Anasthasie : Leadership au féminin, lutte contre les inégalités, question de la diversité furent les thèmes abordés.

Le débat fut clos par les mots de la fin. D’abord Benjamin, qui une fois encore a réaffirmé l’idéal qui l’a animé en créant Passeport Avenir : celui de lutter contre les inégalités sociales et nous a invité à rêver toujours plus grand et  ne rien s’interdire avant de remercier Mme la mairie pour son accueil chaleureux. Ensuite au tour  d’Anne Hidalgo d’exprimer tout son estime pour Passeport Avenir, cette phrase résumant toute sa satisfaction « Vous êtes des héros et des héroïnes » ; elle d’ailleurs proposer à ce que la mairie s’associe au programme de tutorat ; proposition qui fut tout de suite acceptée par l’équipe de Passeport Avenir.

La rencontre s’est terminée par la prise de photos souvenirs et autour d’une collation offerte par la mairie.

Cette rencontre qui a duré environ une heure aura été très enrichissante par la qualité des échanges, mais aussi pour son cadre convivial.

La rencontre avec Anne Hidalgo racontée par Coralie, étudiante à AUDENCIA

Ce qu’on peut retenir de cette rencontre, c’est qu’Anne Hidalgo est une Different Leaders avant tout, elle est comme nous. C’est une femme, issue de milieu modeste, fille de parents immigrés espagnols et qui de plus est investie dans la vie politique. Si Passeport Avenir avait existé à l’époque, Anne Hidalgo aurait peut être été à notre place !

Pour revenir sur l’objet de notre rencontre qui était le « leadership au féminin », comme a pu le souligner Anasthasie Turdieshe, il apparaît qu’un Leader qu’il soit un homme ou une femme, est avant tout une personne qui doit se connaître pour mieux arriver là où elle veut. Malgré tout il existe des disparités entre les hommes et les femmes que nul n’ignorent. Le plafond de verre mais également la paroi de verre qui font que la mixité et la parité sont limitées à partir d’un certain niveau de la hiérarchie mais également dans certains secteurs ou branches de métiers sont des faits avérés. La question est donc de savoir comment casser ce plafond et cette paroi ?

Anne Hidalgo nous explique alors que les femmes qui ont des postes à responsabilité ont un rôle important à jouer : celui de « faire changer la donne », de déconstruire les clichés et les mécanismes de discrimination inhérent. Mais il faut également que les femmes travaillent davantage en réseau, à l’image des hommes. Il ne suffit pas qu’une femme devienne leader de son côté, afin que le leadership au féminin puisse s’exprimer il faut que les femmes puissent se soutenir, se transférer les expériences. Il y a un réel besoin de modèles féminins auxquels on pourrait s’identifier. (Pourquoi pas un Passeport Avenir pour Elles, selon la suggestion d’Anne Hidalgo ?

Anne Hidalgo nous a notamment illustré avec une anecdote la manière dont on peut modestement faire changer les mentalités. Alors qu’elle était présidente d’un jury de recrutement d’un médecin pour un hôpital, seule parmi des hommes, une seule médecin se trouvait être dans la pile de CV. Mais un problème se posa alors pour le gente masculine puisque celle-ci avait 5 enfants, pour eux impossible qu’elle réussisse à gérer vie professionnelle et vie privée. Anne Hidalgo seule représentante de la gente féminine leur imposa alors, s’ils souhaitaient aller sur ce terrain de poser la question de la conciliation de la vie professionnelle et privée également à tous les autres candidats, car sinon cela représentait une forme de discrimination. Anne Hidalgo éclaira alors de son regard ces hommes en leur expliquant que si cette médecin en était arrivée là où elle en était, avec son parcours et 5 enfants, ce devait être une femme très organisée et combattante. Au final ce fut le profil féminin retenu.

Ce qu’on peut retenir c’est que les femmes ont un rôle à jouer dans le changement de mentalités mais, si on l’a très peu abordé lors de la rencontre, les hommes également ont un rôle à jouer. De plus il apparait dans cette anecdote que la mixité dans les équipe est un réel plus. En effet, que ce serait-il passé si elle n’avait pas été présidente du jury de sélection et qu’il n’y avait pas eu de femmes dans le jury. Est-ce que la médecin aurait été retenue ou bien aurait elle fait preuve de discrimination ? La mixité est donc une force.

Pour conclure, il manque à la France des symboles, des modèles, que ce soient des modèles au féminin mais également des symboles de réussite en général. Anne Hidalgo a alors soutenu l’importance des ambassadeurs, l’importance de ce que nous faisons en soulignant que nous avons des forces que nous ne soupçonnons pas mais qui sont bien présentes. Le fait d’avoir une double culture, une autre langue maternelle que le français, le fait d’être nous tout simplement est une force. Et pour répondre à une interrogation sur la valorisation de cette force face à une entreprise, et bien soyons honnête et disons le : « Je suis une force ».

La rencontre avec Anne hidalgo racontée par Hélène, étudiante à Polytech UPMC

Anne Hidalgo nous a raconté comment elle et sa sœur avaient été repérées par leurs enseignants à Lyon, et comment sa sœur avait pu finalement faire une école de commerce.

Elle a mentionné à plusieurs reprises les préjugés sociaux qui pèsent sur le choix d’une carrière (« Pourquoi veux-tu continuer tes études ? Secrétaire de direction, ce serait très bien », lui a dit une enseignante). Elle a également insisté sur le fait que la fameuse « culture générale », réclamée aux concours et entretiens de recrutement, et qui était un héritage familial, n’était pas forcément indispensable, et qu’on pouvait mettre en valeur sa culture d’origine. Quelque chose qui n’est pas intégré dans le modèle dominant finit par s’y glisser avec du travail et de la chance.

Anne Hidalgo a évoqué les actions qu’elle met en place en tant que maire de Paris pour favoriser la diversité des parcours : adaptation des écoles, accompagnement individuel, stages estivaux de remise à niveaux, mise en place de prix. Le défi politique est de valoriser des parcours atypiques mais prometteurs et non les extrémismes. Il faut également dépasser l’autocensure : « mieux je me connais, et plus je suis à même de m’exprimer », et savoir aller chercher l’information, car la méconnaissance des possibilités offertes limite naturellement l’ambition.

Concernant le leadership au féminin, Mme la maire pense qu’il passe par les réseaux et l’entraide, mais aussi par l’action politique : elle propose des dispositifs pour épauler les femmes qui souhaitent créer des entreprises.

Notre interlocutrice nous a donné quelques précieuses clés pour comprendre le « leadership positif » : plus d’innovation, plus de volonté, et surtout une meilleure compréhension de la complexité du monde.