Mardi 26 août  Le premier jour du reste de notre vie

 

Il est 13h30, j’arrive à la Gare de Lyon pour ce qui doit être le premier jour du reste de ma vie. Je me rends au Conseil Economique Social et Environnemental, où aura lieu le lancement de Ticket For Change. Un voyage initiatique de 12 jours, avec 50 jeunes, dans 6 villes de France à la rencontre de 40 pionniers inspirants afin de découvrir les innovations sociales de l’hexagone et de susciter l’envie de passer à l’action.

En arrivant, je découvre les 49 autres participants et toute l’équipe qui sera de l’aventure : les organisateurs, les coachs, l’équipe de communication… Après plusieurs ateliers visant à ce qu’on fasse connaissance avec tout ce beau monde, on nous présente le programme qui a été co-conçu avec trois experts en pédagogie. Il se décompose en trois phases : Inspiration, Introspection, Mise en action.

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La première étape est celle de l’inspiration, elle commence dès aujourd’hui et durera quatre jours, il s’agit d’aller à la rencontre de pionniers inspirants qui ont eu un impact important sur leur environnement. La seconde phase est celle de l’introspection, elle durera deux jours pendant lesquels nous nous plongerons au plus profond de nous même afin de mieux nous connaître. Enfin, la dernière phase est celle de la mise en action, où nous tenterons de trouver des solutions concrètes aux problèmes que nous avons identifiés et qui nous concernent plus particulièrement.

Après cette belle introduction, on me demande si j’accepterais de prendre la parole ce soir devant 450 personnes afin d’expliquer mes attentes pour ce tour. J’accepte bien évidemment mais pas sans une certaine appréhension !

Nous rencontrons ensuite le partenaire fondateur du programme Arnaud de Ménibus d’Entreprendre &+ et le parrain du tour, le président du CESE Jean-Paul-Delevoye. Ces deux premiers pionniers nous invitent à profiter au maximum de ce qui nous attend et à être « les ambassadeurs du changement ». La soirée va commencer, la salle est pleine, Matthieu Dardaillon, le fondateur du programme en sera l’animateur. Il racontera l’histoire de Ticket For Change, de l’inspiration en Inde lors du Jagriti Yatra à la mise en action ici même, en invitant un à un ceux qui l’ont suivi dans cette idée folle. Après plus d’une heure de présentation du tour, c’est à nous de nous présenter. J’explique comment les valeurs de Ticket telles que l’optimisme, l’action, la foie en la jeunesse, la mise en action dans notre pays la France, m’ont convaincu lorsque j’ai rencontré Matthieu pour la première fois au week-end des ambassadeurs de Passeport-Avenir au début de l’année. Nous recevons ensuite une énorme dose d’énergie de la part du public.

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La soirée touche à sa fin et nous embarquons pour la première fois dans le bus du changement en direction du sud de Paris où nous passons notre première nuit dans un hôtel.

Mercredi 27 août La mise en haleine

Cette première phase du tour est celle de l’inspiration. Il s’agit de rencontrer divers pionniers qui chacun à leur échelle ont œuvré pour faire évoluer le monde qui les entoure. Mais avant cela, il faut apprendre à se connaître les uns les autres et quoi de mieux que de le faire grâce aux méthodes « de mise en énergie » de Ucka, un des trois coachs concepteurs du programme. Ucka est danseur et chorégraphe, il nous explique qu’il sera présent sur ce tour afin de connecter notre corps et notre esprit. La matinée est très enrichissante et je découvre la multitude des profils des participants, allant de 18 à 35 ans, certains sont musiciens, d’autres pompiers, clowns, ou encore juristes. Notre point commun est l’envie de faire évoluer les mentalités et la volonté de trouver du sens à ce que nous faisons. A nous tous, nous avons voyagé aux quatre coins du monde. L’énergie qui se dégage promet de belles surprises !

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Pour la suite de la journée nous avons la chance de rencontrer de nombreux pionniers en innovation sociale comme la créatrice du site internet Shamengo qui présente en vidéo des initiatives de pionniers du monde entier. Plus tard, nous échangeons avec Jacques Attali, qui nous expose sa vision de l’économie positive puis nous sommes captivés par le philosophe Patrick Viveret et ses thèses sur l’avenir. Tous nous transmettent le même message : « le monde est en profonde mutation et il est essentiel de le repenser. »

C’est d’ailleurs ce que nous allons faire dans la soirée grâce à Mathieu Baudin de l’Institut des futurs souhaitables qui nous a concocté un petit jeu de créativité visant à inventer les innovations sociales les plus folles susceptibles de transformer le monde de demain. Des projets fous émergent comme un jardin sensuel ou un t-shirt invisible. C’est donc sur une ambiance complètement déjantée que se termine cette première journée d’inspiration.

Jeudi 28 août La bouffée d’inspiration

 Après cette mise en haleine, il est prévu que nous allions plus loin dans la phase d’inspiration en nous rendant sur le terrain. Nous sommes donc ce matin séparés en deux groupes pour visiter Emmaüs Défi qui se trouve dans le XIXème arrondissement de Paris. Nous sommes accueillis par le responsable, qui nous présente le concept de cette entité appartenant au groupe Emmaüs France. L’idée de ce projet est de réinsérer les personnes exclues de la société par le travail et de les aider dans leur reconstruction personnelle en les accompagnant pour qu’ils reprennent goût à la vie. Ce sont donc plus de 150 personnes qui travaillent sur ce chantier d’insertion et donnent une seconde vie à de nombreux objets. La démarche, en plus d’être sociale, est ainsi écologique puisque les équipes d’Emmaüs Défi évitent la déchèterie à de nombreux meubles et vêtements. Nous visitons les différents ateliers et nous sommes très émus par les multiples témoignages poignants des personnes travaillant dans ce lieu.

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Après cette bonne dose de motivation, nous retournons à la Halle Pajol pour rencontrer les dirigeants des Communautés Emmaüs et de Emmaüs Défi. L’échange est très inspirant et nous comprenons ce qui anime ces deux hommes dans leur envie de changer notre regard sur l’insertion.

Pour le reste de l’après midi, d’autres rencontres sont prévues. D’abord avec Christian de Boisredon qui nous explique comment après avoir réalisé le premier tour du monde à la rencontre des initiatives d’innovations sociales, il s’est fixé comme challenge de se faire le porte-parole des bonnes nouvelles en créant le média positif Sparknews. Ensuite, avec François Rouvier, un intrapreneur, qui a créé chez Renault un social business nommé Mobiliz, qui vise à favoriser la mobilité pour tous grâce à un système de garage solidaire. Enfin, la rencontre la plus frappante de l’après-midi est celle de Corentin de Chaperon, qui a moins de trente ans a déjà révolutionné une industrie au Bangladesh, en créant de nouvelles perspectives industrielles pour le pays avec son projet Gold of Bengal. Il a aussi effectué un tour du monde sur un bateau construit en toile de jute et nous fait découvrir sa passion pour les low-tech qui à l’opposé du monde high-tech sont les technologies de la débrouille. Son message : dans la vie il faut savoir tenter, « au pire des cas ça marche ».

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La journée marathon n’est pas terminée et ce soir nous participerons à la grande soirée « désapprendre » qui se tiendra en public. Cette soirée est l’occasion de découvrir Gilles Vermot-Desroches qui est responsable de la Fondation du groupe Schneider Electric. Ce dernier avec une bonne dose de volonté et après avoir fait ses preuves dans le « business traditionnel » est parvenu à faire changer une entreprise de l’intérieur en initiant une stratégie « au pied de la pyramide ». Cette vision, conçoit les citoyens des pays du Sud non plus comme des pauvres à aider par la philanthropie, mais comme des consommateurs potentiels en leur proposant des produits spécifiques qui favorise le développement.

Le second invité est le fameux chef cuisinier Thierry Marx, qui nous explique comment, en étant issu d’un milieu très populaire, il s’est imposé comme une référence de la gastronomie française. Son message est clair, il faut foncer et ne pas écouter ceux qui disent que c’est impossible.

Enfin, la soirée se termine avec Thanh Ngiehm qui après un parcours académique et professionnel exemplaire, HEC et Mckinsey, a totalement remis en question son mode de vie car son activité manquait de « sens ». Elle nous explique son déclic et comment il est essentiel selon elle de d’abord se changer soi-même avant de vouloir changer les autres. Ce dernier conseil résonnera en nous tous pour la suite de l’aventure !

Il est maintenant temps de partir pour Marseille, plus de 10 heures de bus nous attendent. Et ce n’est pas sans une certaine excitation que nous prenons la route pour découvrir de nouvelles solutions.

 

Alexandre

EM Lyon