Tribune rédigée par Gamra, étudiante à INSA Toulouse et membre de la Communauté Different Leaders

L’entrée au lycée est une période déterminante dans le parcours professionnel d’un jeune. C’est là que se font des choix d’orientation décisifs mais c’est aussi le moment où le poids des déterminismes sociaux est le plus important.

J’ai décidé de m’impliquer en faveur de l’égalité des Chances

Au cours de mon cursus d’ingénieur à l’INSA Rouen puis à l’INSA Toulouse, j’ai eu la chance de côtoyer une grande diversité d’étudiants venant du monde entier. Les grandes écoles françaises attirent de nombreux talents à la recherche d’une formation de qualité. Cependant, j’ai été frappée par deux choses : une faible proportion de filles et très peu d’étudiants français issus de la diversité. Pour montrer leur ouverture, les écoles mettent en avant leur effectif composé par exemple de 25% d’étudiants étrangers, sans pour autant s’emparer de la diversité qui se trouve à leur porte, dans les lycées des quartiers ou des zones rurales.

En 2011, face à ce constat, j’ai décidé de m’impliquer dans le programme « Égalité des Chances » qui propose à des lycéens issus de milieux modestes de participer à des séances de tutorat avec des élèves-ingénieurs. J’accueillais donc régulièrement un groupe de huit élèves de seconde dans les locaux de l’INSA. Au delà des ateliers sur la méthodologie de travail, l’orientation, l’actualité, l’expression orale, le plus important pour moi était d’ouvrir les portes de mon école à ces élèves. Malgré leur potentiel, avant d’intégrer le programme de tutorat, peu d’entre eux avaient entendu parler des écoles d’ingénieur ou envisagé une formation d’ingénieur après l’obtention de leur baccalauréat.

Offrir des modèles de réussites professionnelles ou des exemples de parcours scolaires couronnés de succès

Pour ces élèves, il est clair que l’environnement familial n’est pas toujours capable d’offrir des modèles de réussites professionnelles ou des exemples de parcours scolaires couronnés de succès. Ces jeunes ont besoin qu’on les aide à tirer le meilleur de leur potentiel. Grâce à ce type de programme, on peut espérer diminuer les effets de l’autocensure qui les empêche parfois d’avoir des ambitions à la hauteur de leurs qualités. Parmi ceux qui connaissent les grandes écoles, ils sont encore trop nombreux à penser à tord que leurs formations sont trop sélectives à l’entrée, trop difficiles ou trop chères. En tant qu’ambassadrice de Passeport Avenir, je souhaiterai pouvoir mettre en avant les passerelles vers les grandes écoles qui existent pour ceux qui commencent par des formations de type BTS ou DUT et qui, pour des raisons quelconques, ne suivent pas les voies « classiques » du type baccalauréat général – classes préparatoire – grande école.

De même, je souhaite que l’on s’intéresse de plus près aux nombreux dispositifs qui existent ici ou là et qui aident les étudiants méritants et ayant des difficultés matérielles à financer leur études ou leurs concours.

Désormais, dans ce combat en faveur de l’égalité des chances, la force de Passeport Avenir est de pouvoir mettre au devant de la scène des jeunes qui ont su se frayer un chemin malgré les déterminismes et les discriminations, et qui sont la preuve que les plus jeunes ne doivent cesser de croire en leurs rêves.