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Les « faux défauts »: faire de sa différence un atout / Atelier lors du Campus d’été 2018

18th septembre 2018

« Différents et fiers de l’être. On n’est pas condamnés à l’échec ! On est condamné à réussir, à franchir les barrières, construire des carrières ». Cette citation du rappeur Kery James, adaptée au thème de notre soirée, résume parfaitement le message transmis à la nouvelle promotion d’Associés d’Article 1, le mardi 28 août 2018 à Paris.

Comme chaque année, Article 1 accueille de nouveaux Associés, qui seront guidés et aidés par leurs mentors, dans la concrétisation de leurs objectifs professionnels. C’est l’occasion pour les Differents Leaders de présenter leur collectif et leurs valeurs, à travers un atelier de réflexion autour de la question de la différence.

« Qui se sent différent ? » A cette question posée aux Associés dès le lancement de l’atelier, plusieurs mains se lèvent. « Je me sens différente à cause de mon look. Regardez ! J’ai une coiffure originale, un look excentrique. Mais je m’assume ! ». Ainsi la réponse d’une Associée qui met en exergue le fait qu’il existe, en société, une norme de référence implicite.

Le but de cet atelier est de faire réfléchir les Associés à différentes situations souvent stigmatisées dans la société actuelle, en les répartissant en cinq groupes, pilotés par un Different Leader personnellement concerné par l’un de ces stéréotypes.

Le premier groupe, qui a travaillé sur la phrase suivante « Je suis enfant d’ouvrier/ je ne viens pas de Paris, donc je ne pourrai jamais être cadre », arrive aux conclusions que devenir cadre dépend de la volonté de la personne concernée et non de sa condition sociale. Sixtine Rose, originaire de la Normandie et issue d’une famille modeste, explique alors comment petite, elle n’a jamais été encouragée à faire de longues études. Grâce à des rencontres opportunes, elle va tout de même jusqu’au bout de ses ambitions et intègre finalement une école de commerce. Elle est à présent stagiaire en la qualité de Chef de projet digital Junior au sein de la direction de communication d’une grande entreprise.

Le groupe suivant s’est penché sur la condition de la femme dans les milieux dits « d’hommes ». Avec l’aide de Fanta Kromah, les Associés mettent en relief le fait que les femmes s’auto censurent très souvent, pensant ne pas avoir les compétences nécessaires pour réussir dans un milieu plus technique. Fanta, ingénieure au sein d’une multinationale, commence par présenter son parcours universitaire et à expliquer que les femmes « doivent oser briser des barrières et ne pas se laisser intimider ». D’autant plus « qu’il y a une pénurie de talents dans les domaines techniques alors qu’il y a des domaines où on retrouve plus de talents que de demande ». A travers différents exemples de réussites féminines, Fanta montre que la féminité, voire la maternité et l’ambition professionnelle ne sont jamais exclusifs l’un de l’autre.

Le troisième groupe aborde un sujet plus sensible et souvent considéré comme tabou, le handicap. Fatima Aichouch et son groupe sont intervenus sur le stéréotype « Je suis en situation de handicap et je ne pourrai jamais terminer mes études ». Le témoignage poignant de Fatima, victime d’une maladie à l’âge de 12 ans ayant entraîné un handicap physique, montre qu’à force de volonté et de détermination, toute difficulté est surmontable. Malgré les nombreux séjours à l’hôpital, Fatima a appris à accepter son handicap et à redevenir autonome. Elle, qui a toujours adoré l’école, réalise aujourd’hui l’un de ses objectifs qui était d’étudier à l’école Sciences Po.

Le quatrième groupe a axé ses réflexions autour des difficultés d’accès à l’emploi d’une personne portant un nom de famille à consonance étrangère. Les Associés mettent en exergue que le nom peut être source de discrimination à l’embauche et qu’il appartient aux candidats concernés de se distinguer positivement des autres. Anas Abid, originaire de Tunisie, explique comment dès le début de ses études universitaires, il a travaillé doublement dans le but de prouver à ses futurs recruteurs qu’il apporterait une plus-value à leur entreprise. Intervenant en lycées à Toulouse, Anas dispense de précieux conseils aux Associés : « Multipliez les stages, participez aux Hackathons, animez votre culture générale, mais restez toujours humbles ».

Enfin, « Je ne suis pas sûr de mon choix d’études et je ne trouverai jamais un métier qui me plaît » est le stéréotype attribué au dernier groupe. Les Associés concluent que les conseillers d’orientation de certains établissements échouent souvent dans leur mission d’orientation et de conseil. Matthieu Firmo, originaire d’Aulnay-sous-Bois (93), en a fait l’expérience. En l’absence de toute orientation, il se dirige vers une formation de mécanicien aéronautique, après un baccalauréat scientifique. Il découvre plus tard le métier d’ingénieur qui le séduit immédiatement. Malgré un parcours semé d’embuches, Matthieu finit par atteindre ce nouvel objectif, en passant par des voies moins conventionnelles. Il évolue actuellement en tant qu’ingénieur au sein d’une compagnie aérienne.

Le point commun de tous ces Different Leaders aux parcours singuliers et inspirants réside dans leur attachement à la notion d’égalité des chances. Tous ont évolué dans des conditions menant souvent à l’échec scolaire. Aujourd’hui, ils s’engagent au sein d’Article 1, afin que la réussite professionnelle des jeunes rencontrant des problématiques similaires aux leurs ne soit plus tributaire de la chance.

La conclusion de cet atelier se résumait en trois mots : Créativité, Perspicacité et Complémentarité. Ce sont les avantages d’une société diversifiée. Il appartient dès lors à chacun de voir en sa différence une force et de ne surtout pas se laisser définir par la société.

 

Audrey ATSAIN, Different Leader