Après avoir passé quelques jours aux Amanins, nous reprenons la route pour nous rendre à Lyon, ville qui marque le début d’une nouvelle étape, celle du passage à l’action.

Les prochaines journées seront consacrées à travailler sur la consolidation de notre projet. Nous participons dans un premier temps à la présentation de Jean Patrick Péché sur le Design Thinking. Ce concept propose de sortir de nos champs habituels de réflexion pour repenser plus globalement les stratégies de développement. Nous nous inspirons de ce mode de pensée afin de réfléchir à des solutions innovantes au besoin social identifié. Nous nous concentrons sur les problématiques d’égalité des chances et pendant plusieurs heures, nous essayons de trouver des solutions innovantes.

Ticket for change : impulser un déclic chez les jeunes

Après un long moment de réflexion, nous nous décidons à combattre les problèmes d’autocensure chez les jeunes de quartiers défavorisés. Pour cela, nous souhaitons mettre en lumière le portrait de jeunes issus de ces mêmes quartiers et qui ont osé se lancer dans des voies qui ne leur semblaient pas destinées. L’objectif recherché est d’impulser un déclic chez ces jeunes, qu’ils aient davantage confiance en eux pour se lancer.

Après avoir conçu une maquette prototype du projet, nous allons à la découverte de la ville lyonnaise afin de le présenter à de parfaits inconnus. Cette expérience a un double impact, nous apprendre à présenter notre projet de façon claire et concise et de bénéficier d’un avis extérieur. Grace à cette expérience, nous glanons de précieux conseils, prenons conscience des points forts et des pistes à améliorer. Nous retravaillons à la hâte notre projet pour pouvoir présenter une version améliorée l’après-midi même, lors de la phase du crash test.

Le concept de ce crash test est simple : nous devrons présenter notre projet devant plusieurs entrepreneurs locaux qui répondent à un besoin social similaire. Ces derniers mettront à l’épreuve  de façon bienveillante notre projet.

C’est dans ce cadre que nous faisons la connaissance d’Abdel Belmokadem. Un charisme et une énergie débordante transparaissent lorsque ce dernier prend la parole. « Mon histoire est la démonstration que tout est possible, à condition d’avoir la rage de réussir et d’oser faire un pas vers l’autre » nous lance-t-il.  Et c’est vrai, son parcours est éloquent. Boxeur de haut niveau, il est contraint d’arrêter la boxe après une grave blessure. Ne sachant ni lire, ni écrire, il décide de redoubler d’efforts pour combler ses lacunes et réaliser un rêve d’enfant, monter sa propre entreprise. Aujourd’hui, même s’il éprouve des difficultés à écrire correctement, Abdel Belmokadem a réussi à créer son propre cabinet spécialisé dans la médiation. Il vise à gérer les conflits et les violences urbaines. Sa société, appelé Nes & Cité, est aujourd’hui un leader dans ce domaine.

A la fin de cette journée, nous nous sentons extrêmement chanceux d’avoir pu bénéficier de tels conseils. Nous avons en tête plusieurs axes d’amélioration. Nous reprenons ensuite la route pour Strasbourg et passons ainsi notre deuxième nuit dans le bus.

Ticket for Change démystifie l’échec

Nous arrivons à Strasbourg tôt dans la matinée. Après une douche et un petit déjeuner pris à la hâte à l’hôtel, nous nous rendons à la salle de la bourse de Strasbourg afin de nous concentrer sur notre modèle économique. La fatigue commence à se lire sur le visage des participants. La remise en énergie de notre coach Ucka est très bien accueillie. Quelques minutes après, nous nous sentons plus énergique et dynamique pour débuter ce nouveau travail.

Lors de la matinée, nous rencontrons Jean Louis Kiehl, fondateur de Crésus.  C’est une fédération d’associations qui vise à accueillir, à écouter et à accompagner les ménages surendettés. Elle agit ainsi contre l’exclusion par l’éducation et la formation financière de tous.

Nous nous rendons ensuite au Conseil de l’Europe où nous continuons à travailler sur notre modèle économique. Nous sommes épaulés par nos coachs ainsi que des entrepreneurs comme Stéphane Degonde, auteur d’un livre sur les 100 risques de l’entrepreneur. Il nous conseille sur la manière dont nous devrions penser notre modèle économique : « Il faut être révolutionnaire dans son approche, tout en posant des hypothèses simples pour commencer à petite échelle. »

Nous filons ensuite à la Maison de la Région pour une soirée ouverte au public, intitulée la « Fail Night ». Cette soirée est consacrée à la démystification de l’échec. Le public, certains candidats ainsi que des entrepreneurs chevronnés prennent tour à tour la parole afin d’évoquer leurs situations d’échecs. Chacun aborde les événements qui ont marqués leur vie. Ils sont tous unanimes sur le fait que c’est une source d’apprentissage. L’échec est une force de rappel qui nous pousse à nous remettre en question et en ressortir plus fort.

Stephane Degond nous livre les enseignements tirés des échecs d’une cinquantaine d’entrepreneurs. Ces conseils même s’ils peuvent paraître simples à première abord, sont cruciaux.

Le lendemain matin, nous nous intéressons au financement solidaire. Nous avons la chance de rencontrer Adrien Aumont, co-fondateur de la renommée plateforme de crowfunding, KissKissBankBank. Le Crowdfunding ou financement participatif correspond à un moyen de financement alternatif. Il sert ainsi un double objectif, permettre à des entrepreneurs exclus du système bancaire traditionnel à financer le projet de leurs rêves, et de fédérer le plus grand nombre de personnes autour de projet. En somme, il s’agit d’un moyen de financement que les graines d’entrepreneurs seront très certainement amenés à utiliser. L’après-midi, nous travaillons sur le pouvoir des communautés avec Christian De Vanizette. Nous réalisons l’importance d’impliquer le plus grand nombre de personnes autour de son projet.

En fin d’après –midi, nous nous rendons à la Gare de Lille Saint Sauveur pour une soirée concert du groupe Yalta Club. Il s’agit d’une soirée festive, où nous nous détendons tous ensemble. Un moment de répit avant la finalisation du projet…

Monika, Etudiante à Essec