La première fois que j’ai entendu parler de Ticket For Change, j’ai trouvé l’initiative intéressante, intrigante et innovatrice mais incompatible avec ma priorité du moment : terminer au mieux mon Master en Finance.  Au vu de mes 15 partiels à préparer, mon stage et l’impossibilité de m’absenter pendant plus de 10 jours, il me semblait difficile de constituer un dossier de candidature et de participer à l’aventure TFC.  C’est donc avec une pointe de tristesse que je décidai de reporter ma candidature à l’année prochaine.

Mais c’était sans compter sur ma curiosité. Entre deux phases de révisions et quelques minutes d’errements sur internet je me suis retrouvée sur le site de Ticket For Change. En parcourant les différentes pages, j’ai compris que TFC était plus qu’un simple voyage à la « découverte » de l’entreprenariat social. Il s’agissait d’une aventure visant à impulser une dynamique de long terme, celle de la réflexion sur soi pour aboutir à la construction d’un projet avec un véritable sens.

J’avais, depuis des années, l’envie de construire un tel projet mais je n’avais à l’époque ni cadre, ni accompagnement. Ces difficultés m’avaient empêchée de me lancer.  Ticket For Change me paraissait dès lors une véritable opportunité, une chance de concrétiser mes aspirations, une occasion à ne  laisser passer sous aucun prétexte.

Après de longues négociations avec mon maitre de stage je réussis à obtenir son accord pour m’absenter 10 jours.  Il ne me restait plus qu’à m’atteler à la rédaction du dossier. Quelques mois plus tard j’apprenais ma sélection. J’étais prête à embarquer dans l’aventure TFC.

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26 aout 2014 ! Le jour J !

La première journée se déroulait au Conseil économique et social, place Iéna et pendant que nous recevions différents goodies Ticket For Change, j’en profitai pour faire plus ample connaissance avec les  personnes qui allaient partager cette aventure  avec moi.

J’ai tout de suite été frappée par la diversité de nos parcours. Autour moi il y avait des étudiants en fiscalité, en droit, sociologie, médecine ou encore en ingénierie.  Je fus quasi-immédiatement certaine que cette diversité, cette complémentarité était une véritable force pour notre groupe, surtout que nous serions amenés à travailler ensemble tout au long de ce voyage.

Rassemblés dans une immense salle du CESE nous nous émerveillions devant la beauté des lieux et les personnalités invitées ; Jean-Paul Delevoye, président du CESE, Arnaud de Menibus, Président d’entreprendre& +, tous les deux parrains de Ticket For Change.

Alors que nous avions encore des étoiles dans les yeux, les organisateurs et les coachs TFC   vinrent nous apporter leurs témoignages. Nous fûmes ensuite invités à monter sur l’estrade.

Fière et enthousiaste à la fois, c’est à ce moment précis que je me rendis compte de l’ampleur du voyage mais je ne savais encore que l’aventure me réservait d’autres surprises.

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27 et 28 août 2014 ! Des rencontres surprenantes !

Pour ces deux jours, une série de rencontres étaient prévus. Ainsi, nous avons eu la chance de rencontrer Attali, mais également d’autres entrepreneurs du changement. J’ai d’ailleurs été particulièrement inspirée par le projet de Corentin de Châtelperron, jeune ingénieur d’une vingtaine d’années qui en voyage au Bangladesh décida de construire son propre voilier qu’il appela Tara Tari.

Pour construire son voilier il a utilisé de la fibre de jute, plante présente en abondance au Bangladesh et réputée pour être bien plus écologique que la fibre de verre normalement utilisée pour la construction de bateaux.

Afin de convaincre l’opinion de la solidité de son bateau, il décida de faire le voyage jusqu’en France à l’aide de sa simple embarcation. Sa traversée dura 6 mois.

J’ai vraiment été impressionnée par son aventure et par son discours visant la  promotion du développement des systèmes Low Tech, système à basse technologie, des techniques simples et écologiques qui permettent de fabriquer des produits de base.

Nous avons aussi participé à la soirée intitulée “soirée Désapprendre ” ouverte au public et qui accueillait d’autres personnalités tout aussi inspirantes. Nous avons pu discuter avec des personnes comme Thierry Marx, chef étoilé reconnu (ex-jury de Top Chef) et Tanh, professeur renommé de la chaire Social Business d’HEC.

Cet événement était destiné à nous aider à s’affranchir des préjugés sur l’entrepreneuriat social pour réellement oser se lancer dans cette voie.

A la fin de la soirée, nous avons  eu tout juste le temps de récupérer nos affaires pour  prendre le bus à destination de Marseille.

Ayant l’habitude d’être malade en transport, j’étais partagée entre l’excitation et une certaine appréhension. L’idée de passer la nuit dans le bus et de ne pas réussir à fermer les yeux alors que se profilaient 9 jours intenses physiquement et psychologiquement me préoccupaient quelque peu.
Mais j’ai découvert que nos bus Ticket For Change pouvaient se transformer en bus couchettes bien confortables et après avoir avalé quelques médicaments contre le mal de transport, je réussis à trouver rapidement le  sommeil.

A mon réveil, nous étions déjà arrivés à Marseille !

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29 août ! Prêts à conquérir Marseille !

Après un petit-déjeuner pris à la hâte dans notre auberge de jeunesse, nous avons eu le droit à une remise en énergie initiée par notre coach Ucka. Au top de notre forme, nous étions parés pour entamer notre « chasse aux solutions ».

Le concept de la « chasse » était  simple : par groupe de cinq,  munis de quelques tickets de métro et du plan de la ville, nous devions aller à la rencontre de 3 entrepreneurs pour tenter de résoudre leurs défis.

Il s’agissait là d’une nouvelle phase de l’aventure. Nous ne devions plus nous contenter de découvrir des projets innovants, comme c’était le cas précédemment, mais nous devions réfléchir aux défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs et tenter de leur apporter des réponses.

Nous avions trois heures pour mener à bien notre mission. Dans cette course folle, nous n’étions pas seuls, nous avions la chance d’être accompagnés d’une élève de l’école de la 2ème chance nommée Selima. Discuter avec elle fut réellement un plaisir d’autant plus que grâce à elle, nous avons pu en connaître  un peu plus sur l’Ecole de la Seconde Chance. Cette école permet à des jeunes sortis du système scolaire de réapprendre à lire, à écrire et à maitriser des outils informatiques à travers une approche personnalisée tout en  leur faisant découvrir le monde de l’entreprise, via l’apprentissage.
Lors de cet après-midi, nous avons également découvert l’association Wimoov qui propose des services d’accompagnement pour des personnes en situation de fragilité (en situation de handicap, insertion professionnelle, seniors…) pour favoriser une mobilité plus durable et autonome. Au cours d’un entretien, un conseiller mobilité se charge d’identifier les besoins, pour proposer en fonction de ce dernier soit des services solidaires (autopartage social, transport micro-collectif), soit des solutions matérielles (mise à disposition de véhicules, réparation auprès d’un garage solidaire) ou encore des formations (auto-école solidaire). Nous avons trouvé l’initiative remarquable car elle permet de répondre à un large échantillon de besoins en proposant des solutions très diverses et sur mesure.
Ce fut une journée pleine en enseignements mais également très amusante, rythmée de fous rire et de sprints pour arriver à temps pour les différents rendez-vous.
Arrivés au Théâtre de la Minoterie, lieu où se déroulait la troisième soirée ouverte au public, nous avons appris qu’il ne nous restait plus qu’une heure pour synthétiser tous les défis relevés dans l’après-midi, afin de les restituer devant un public de plusieurs centaines de personnes.
Après les présentations des participants, nous avons pu découvrir le parcours d’autres intervenants, dont Habiba Addi, jeune créatrice charismatique. Cette dernière est à la tête d’Helmas, structure spécialisée dans la production de vêtements éco responsables, fabriqués au sein d’ateliers d’insertion. J’ai trouvé son initiative intéressante car elle permet de répondre à un besoin social identifié : la lutte contre le chômage, mais également de proposer une visée pédagogique à travers la création d’une Web TV. Celle-ci a pour vocation de présenter à son public des histoires inspirantes, dans le but de donner de l’inspiration et l’envie d’entreprendre.

A la fin de la journée, je pris quelques minutes pour moi. Il me fallait me réapproprier cette journée, me la remémorer, m’en imprégner. Et alors que défilaient dans ma tête les images de notre après-midi à Marseille, les visages des intervenants, les idées échangées avec le public, je me rendis compte à quel point, malgré le rythme éprouvant,  j’avais la chance de vivre une expérience aussi enrichissante. Toutes ces choses que j’accomplissais au côté de mes 49 camarades me rendaient particulièrement fière. Et cette fierté nourrissait mon enthousiasme. J’étais prête à vivre une nouvelle étape de l’aventure ; celle de la réflexion sur soi et sur le projet. Une phase qui sera approfondie lors de notre prochaine étape aux Amanins.

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Monika

ESSEC