Ce 5 décembre 2020 marque la sixième édition de la Journée Mondiale de l’Égalité des Chances.

À cette occasion, à travers la France, la Belgique, la Tunisie, le Maroc, l’Algérie, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Niger et la République Démocratique du Congo, lycéen.ne.s, étudiant.e.s, associations, institutions et entreprises s’engagent à agir en faveur de la réussite académique et professionnelle de celles et ceux qui ont le moins d’opportunités. Et à appeler les autorités nationales et internationales à se saisir du sujet.

Car que nous ayons grandi dans les pays parmi les plus riches ou les plus pauvres, en haut ou en bas de leur échelle sociale, si nous avons fait face à des réalités différentes, nous avons tiré le même constat. Notre accès à l’éducation, aux études et à l’emploi s’est basé sur un coup de chance : notre statut social de naissance, ou l’accès aléatoire à la bonne information au bon moment.

 

Des statistiques qui ne devraient plus exister.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la réussite individuelle ne signifie pas qu’un système fonctionne. En France, il faut près de 6 générations pour sortir de la pauvreté.1«How to promote social mobility», 2018, OCDE Et si les enfants de classe sociale ouvrière représentent près de 27% des effectifs au collège, moins de 12% se retrouvent à l’université, et moins de 3% en écoles normales supérieures2«Du collège aux filières d’excellence, la disparition des enfants d’ouvriers», 2019, Observatoire des inégalités . Au Maroc, jusqu’à 80 % des élèves sont en école privée dans les grandes villes comme Casablanca et Rabat. Sans surprise, ce sont moins de 2% des jeunes de milieux ouvriers qui accèdent à des postes de cadre supérieur, ou exercent des professions libérales.3« Un Maroc égalitaire, une taxation juste », 2019,  Oxfam Et dans tous nos pays, certes à des échelles différentes, les postes sont rares, la discrimination très présente, et le “réseau” encore trop central dans l’accès à l’emploi.

Personne ne devrait comprendre son propre système éducatif à la fin de ses études, et la diversité des parcours ou métiers à sa portée après les avoir terminées. Personne ne devrait découvrir par hasard l’accès à une bourse ou à un dispositif de mentorat. Et personne ne devrait se sentir obligé de quitter sa famille, ses proches et son pays pour aller chercher ce qui est un droit universel.

 

Quand il s’agit de destins, les exceptions ne peuvent pas confirmer la règle.

Nous ne connaissons pas encore l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur les parcours des plus jeunes dans les années à venir, mais nous savons qu’elle va considérablement aggraver les inégalités. Qu’en 2020, 190 pays ont eu à fermer leurs écoles, privant ainsi près de 90 % des élèves et étudiants (1,57 milliard de personnes) de l’accès à l’éducation.4«Rapport sur les Objectifs de Développement Durable», 2020, Organisation des Nations Unies Que les solutions qu’offre le numérique sont loin d’être accessibles pour une grande partie de la population à travers le monde. Et qu’il est illusoire de compter sur les seules forces de la société civile pour redresser la situation : nous avons besoin que ces questions soient posées dans chacun de nos pays, et de réfléchir ensemble aux meilleures solutions à y apporter.

C’est pour s’offrir un moment de partage et d’entraide, de soutien par delà nos frontières que nous célébrons depuis 2015 la Journée Mondiale de l’Égalité des chances. Sa date, le 5 décembre, rend hommage à Nelson Mandela : disparu ce jour-là, il s’est battu toute sa vie pour permettre à chaque jeune de se réaliser à la hauteur de ses desseins, d’avoir un destin à la hauteur de ses rêves.

Ce combat est encore long. Et que cette journée devienne officiellement reconnue par l’Organisation des Nations Unies serait un pas qui permettrait d’offrir un cadre international dans lequel échanger sur nos réalités communes et nos initiatives en faveur de l’égalité des chances, valoriser les dispositifs qui marchent auprès de celles et ceux qui en ont le plus besoin et appeler les décideurs publics et privés à agir pour réduire ces inégalités à travers les frontières. C’est donc dans cette direction que nous nous engageons, ensemble, dès aujourd’hui.

 

Les premiers signataires

Le Collectif Different Leaders
Ousseynou GUEYE, Polaris Asso, Sénégal
Idriss LAOUALI ABDOU, Karatou Post Bac, Niger
Lamiae MOUTRIB, Fondation Marocaine de l’Etudiant, Maroc
Bakary SAMBE, Directeur de Timbuktu Institute- African Centre for Peace Studies

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